Dimanche 8 novembre 2026
32ème dimanche du Temps ordinaire
« Il ne faut pas que vous soyez abattus » (1 Th 4,13)
A l’heure d’écrire ces lignes, mon père s’est éteint à la suite d’un long combat contre la maladie. A l’annonce de ce diagnostic implacable – « il lui reste deux mois » lâcha froidement son médecin -, mon cœur s’est brisé. Celui qui m’avait élevé avec patience et bonté, celui pour qui je m’étais dépensé sans compter, allait m’être arraché. Le choc fut brutal. La douleur à la mesure de l’amour offert et reçu. Il fallait consentir à la séparation, au silence, à l’absence.
Jésus lui-même n’avait-il pas été bouleversé par la mort de son ami Lazare ? N’avait-il pas ressenti frayeur et angoisse en voyant la Croix? Tout fils de Dieu qu’il était, son âme était « triste à mourir ». Il n’a donc rien méprisé de nos peines. Bien plus, c’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé (Is 53,4). Pourtant, cette tristesse n’a pas eu le dernier mot. Elle a été traversée par la lumière de la Résurrection. Même quand il fut cloué sur le bois de la Croix, il faut imaginer Jésus heureux.
Car sa joie, rien ne pouvait lui arracher. Celle d’accomplir la volonté du Père, d’aimer l’humanité jusqu’au bout, de se reconnaître Fils bien-aimé, et de briser les puissances de la mort. « Ô Mort, où est ta victoire ? » proclamait saint Paul avec audace. Voilà notre espérance, cette « petite fille de rien du tout » que chantait Péguy : elle tient tête aux forces écrasantes du désespoir, sans rien renier de nos larmes. Avec le Christ, nous portons nos tristesses dans l’espérance du Ciel. Et c’est ainsi que notre joie demeure. Alors, ne soyons pas abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance !
Père Maxime Lefebvre