1900, ouverture de la Chapelle

Le 20 juin excatement, les Servantes du Saint Sacrement de Paris échangeaient le Cénacle de la rue Leclerc, au Faubourg St Jacques, pour celui de la rue Cortambert, placé sous le vocable de Notre-Dame du Saint Sacrement.

La fondation de la communauté de Paris date du 1er mai 1876. Les servantes avaient alors accepté l’offre d’achat – avantageuse – de l’immeuble de la rue Leclerc que venaient de quitter les Pères du Saint Sacrement pour s’installer avenue de Friedland.

En 1898, l’acquisition d’un terrain dans le 16ème arrondissement – 20 rue Cortambert – permettait la construction d’une chapelle et d’un couvent mieux adapté. Les constructions achevées, le couvent des servantes a été transféré, bénit par le R.P. Tesnière ancien supérieur général sss, délégué du Cardinal François Richard Archevêque de Paris ; et l’exposition du Très Saint Sacrement commençait solennellement de Saint Pierre, le 29 juin 1900.

Juin 1900, le changement

La Chapelle et le couvent sont prêts. Les sœurs de Paris échangent le couvent de la rue Leclerc pour celui de la rue Cortambert, placé sous le vocable de Notre-Dame du Saint Sacrement.

Après 1900

Le 17 juin, la supérieure générale, Sr Marie Clémence, adresse une supplique au Cardinal François Richard, Archevêque de Paris. Elle lui demande :

  • la bénédiction de la chapelle et du couvent  » où les religieuses seront prêtes à entrer pour le 29 juin, en la fête des saints apôtres (…) cette bénédiction devant se faire très modestement, selon la sage recommandation de son Eminence, sans aucun appel au public, le 28 en la Vigile de la fête. »
  • une seconde faveur à laquelle elle attache une grande importance et qui serait accueillie avec grande joie et un renouvellement de piété par toutes les religieuses : permettre que ce sanctuaire fût béni et érigé sous le titre de « chapelle de Notre-Dame du Saint Sacrement. » Elle poursuit : « ce nom paraîtra nouveau peut-être à Votre Éminence, mais je me persuade que sa haute piété en comprendra le bien fondé et la légitimité si elle veut bien prendre en considération les nombreuses approbations épiscopales qui l’ont accueilli et l’ont recommandé à la confiance des fidèles. C’est le nom sous lequel notre vénéré fondateur, le Père Eymard, nous a fait honorer la très sainte Vierge  depuis notre institution en nous donnant pour fin d’honorer et de reproduire selon nos moyens, au pied du Saint Sacrement, la vie de Marie au Cénacle après la Pentecôte. »

La chapelle et le couvent ont donc été bénits le 28 juin 1900
et placés sous le vocable de Notre-Dame du Saint Sacrement

Dès le début, le cénacle fut marqué du sceau divin de la Croix, car aux menaces d’expulsion qui survinrent peu après, dès 1903, succédèrent les événements politiques menaçant l’existence des congrégations religieuses. De ce fait, les difficultés financières allèrent croissant. Le 25 mars 1910, la situation était des plus critiques. La Très Sainte Vierge suscita d’admirables dévouements parmi les familles du quartier. Le Cénacle a été sauvé par miracle, ce dont témoigne la grotte de Lourdes érigée en ex-voto dans le jardin, en 1910 :

« En l’année de grâce 1910,
cette grotte a été construite pour perpétuer la mémoire
des bienfaits multipliés par lesquels
la B.V. Marie a sauvé notre Cénacle
d’une ruine imminente.

La communauté s’est engagée par voeu
à venir chaque année le 1er dimanche du Rosaire
pour chanter le Magnificat »

En 1913, le conseil général fut transféré d’Angers à Paris, ainsi que le noviciat. L’acquisition de la deuxième partie du jardin, en 1928, donna à la propriété ses dimensions actuelles. Entre temps, un terrain contigu avait été loué pour en faire un potager, terrain devenu depuis le collège « Eugène Delacroix »

La maison avait traversé la période de la guerre 1914-1918 sans dommages, après s’être ouverte en partie pour devenir hôpital militaire. Les fêtes du Congrès eucharistique qui suivirent, comme celles du triduum de la béatification du Fondateur en 1925, ont montré combien les fidèles sont attirés dans le sanctuaire près de Notre Seigneur.

Ce n’est que plus tard, le 12 septembre 1946, que la chapelle fut consacrée par le Cardinal Suhard, archevêque de Paris. Une rénovation du choeur avait pu être réalisée à cette occasion, grâce à la générosité d’une bienfaitrice, rénovation dont nous reste encore aujourd’hui le bel autel de marbre rose. Jusqu’alors, l’autel et le trône de l’exposition du Saint Sacrement étaient en matériaux vraiment précaires. Les croix sur l’autel et les piliers rappellent l’onction du saint chrême lors de la consécration.

Quant à la fête de Notre-Dame du Saint Sacrement, le 13 mai, elle fut établie officiellement « patronne secondaire de la consécration » par S.S. Paul VI le 18 septembre 1963, après la canonisation de St Pierre-Julien Eymard par S.S. Jean XXIII le 9 décembre 1962. Comme titulaire de la chapelle, Notre-Dame du Saint Sacrement est célébrée en solennité, à Paris rue Cortambert.

Jusqu’au Concile Vatican II, la chapelle comprenait le chœur, réservé aux Servantes qui – jours et nuit – se relayaient au pied du Saint Sacrement exposé sur un ‘trône’ au dessus de l’autel, entouré de multiples cierges et fleurs. Derrière elles, une grille de fer les séparait de la « chapelle des fidèles ». Ceux-ci étaient nombreux à venir participer à la messe, ou se recueillir au long des jours dans l’adoration du Saint Sacrement. Parmi eux, quelques célébrités ont reconnu avoir découvert dans cette chapelle la présence réelle de Jésus Christ :

  • Julien Green, converti du protestantisme. C’est dans la crypte qu’il a voulu, en 1916, recevoir le baptême.
  • En 1938, Charles-Michel Jean, venu de l’Eglise anglicane. Il entrera un an plus tard chez les Pères du Saint Sacrement.
  • Dans les années 50, Banine, venue de l’Islam, publie un récit autobiographique de sa conversion sous le titre « J’ai choisi l’opium »

Bon nombre de prêtres et religieuses disent que leur vocation a mûri à l’ombre des murs de la Chapelle.

En mars 1965, les responsables des Centres Nationaux de Liturgie et de Catéchèse, avec les responsables de la communauté, ont étudié des projets de démolition et reconstruction, rue Cortambert. Ces projets annulés, d’autres changements ont été envisagés : échange de terrain avec les Religieuses de Ste Clotilde – dites de La Tour – qui avaient besoin de locaux scolaires ; construction d’une nouvelle chapelle au n°24, avec un nouveau couvent, et démolition de la chapelle du n°20 qui aurait fait place à un immeuble d’habitation. Les « Dames de La Tour » elles-mêmes pensaient à une démolition  de leurs bâtiments, ne laissant que la tour intouchable. Toutes les autorités ecclésiastiques ont été alors informées. Mais les fidèles du quartier ont réagi fortement pour « garder leur chapelle ». Finalement, à la grande satisfaction de tous, la chapelle, demeure au 20 rue Cortambert.

Toutefois une rénovation s’imposait. L’étude des documents du Concile donnait une ouverture nouvelle à la compréhension du Mystère de l’Eglise, de l’Eucharistie en particulier. Cette rénovation de l’intérieur de la chapelle fut entreprise vers 1967.