Le dessin du buffet

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Le dessin du buffet

ou l’art de concilier esthétique et nécessités pratiques dans un espace réduit

 

L’orgue s’insère sous un arc brisé de la nef.

C’est ainsi que les thèmes de la colonne et du chapiteau ont été tout naturellement retenus par Olivier Chevron. Thèmes qui sont une transposition des piliers et des chapiteaux entre lesquels l’orgue vient se glisser.

Si la forme générale paraît simple et harmonieuse, elle dissimule cependant une certaine complexité. Elle est constituée d’un ensemble de détails qui ont fait l’objet d’une étude attentive.orguepilier4 cadrée

La colonne constitue la base de l’orgue. Le chapiteau est représenté par la partie haute du buffet. La colonne, ou fût, a fait l’objet d’une rigoureuse optimisation. L’accès se fait par la partie arrière. Le facteur d’orgue peut tout juste se déplacer voire se glisser avec attention pour atteindre tous les constituants mécaniques. Le chapiteau ou partie haute du buffet est décomposé en trois parties. La partie centrale s’inscrit sur une courbe convexe en opposition à la courbe concave des deux parties latérales.

La transition entre colonne et chapiteau est assurée par une couronne. Chaque constituant s’articule minutieusement. Les articulations sont marquées par des recouvrements ou ponctuations. Rien n’a été laissé au hasard. C’est une superposition de dominant/dominé.

Le volume de la partie haute du buffet a également été optimisé. Il passe à quelques millimètres seulement des couronnements des chapiteaux. Il contient tous les tuyaux de l’orgue. Pour des questions de hauteur, certains tuyaux se retournent horizontalement. Une petite coursive en T permet d’avoir accès à tous les tuyaux.

Les panneorguestubes10aux laté-raux cintrés accom-pagnent le glissement de l’orgue sous l’arc brisé dans lequel il s’insère. Ce sont des portes d’accès à quelques tuyaux.

Sur la montre, les courbes des claires-voies sont une transposition des arcs brisés. Les profils des joncs sont courbes et contre-courbes pour que les ombres soient douces. Les bouches des tuyaux s’inscrivent elles aussi sur des courbes douces qui sont en opposition avec celles des claires-voies.

Pour souligner les lignes, les courbes et les volumes du buffet, la solution d’un plaquage en chêne naturel verni a été retenue. Les panneaux cintrés sont en bois moulé.

Deux portes coulissantes avec des panneaux rapportés en forme de queue-de-pie permettent de fermer l’accès au pupitre, claviers et pédalier. Il était important que cette configuration soit réalisée lorsque l’orgue n’est pas utilisé. Cette fermeture nécessite que le banc soit reculé. La forme du banc n’est pas non plus le fruit du hasard. Ses courbes douces accompagnent l’orgue tout en prenant en compte les mouvements de l’organiste.

Des lignages en ébène et en relief sur le pupitre sont une transposition des lignes d’une partition. Un petit clin d’œil. Ces lignages sont légèrement en relief. On saisit ainsi facilement les feuilles et cahier de partition. L’éclairage des pupitre, claviers et pédalier est assuré par des rubans led qui sont judicieusement encastrés. Invisibles, leur puissance a été adaptée à la fonction de chacun.FBU_4930

Compte tenu du poids estimatif de l’orgue, 4 tonnes environ, le plancher sur lequel il repose a été renforcé. Une poutre en béton armé a été nécessaire pour cette reprise de charge et sa diffusion sur la structure porteuse du sous-sol.

Deux spots installés sur le côté opposé de la nef soulignent discrètement les lignes et formes du buffet.

Christophe Hebert

architecte DPLG

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