Eveille-toi, orgue, instrument sacré !

retour

Eveille-toi, orgue, instrument sacré !grandvitrail1

Dans la plupart des villages de France un édifice marque comme l’épicentre de la vie : l’église paroissiale. Souvent ancienne, parfois plus moderne, elle exprime au travers de ses diverses strates la vie des communautés qui se sont succédées au fil des siècles. L’église reste très souvent l’un des lieux les plus ornementés, parée de ses tableaux, vitraux, retables et crucifix précieux et travaillés par les meilleurs artisans de la région. Elle n’exprime pas l’opulence du clergé ou la toute-puissance d’une Église triomphante, mais simplement le désir d’un village ou d’une communauté de se retrouver ensemble pour prier dans un lieu où la beauté porte les cœurs vers le ciel. Beauté pour les yeux, mais aussi beauté pour les oreilles, car celle-ci se pare bientôt d’un instrument capable de soutenir la prière des fidèles, et même de l’embellir. Un lieu portant volontairement à l’expression de la richesse de l’Église du ciel. Telle est la beauté de ces églises : elles ne sont belles que pour y embellir et ennoblir les personnes, pauvres et riches, qui viendront y prier.soeursorgues03

La décision de monter un splendide vitrail au fond de notre chapelle, et maintenant d’ériger un orgue, nous inscrit bien dans cette lignée de bâtisseurs qui ne cherchent pas à s’embourgeoiser douillettement mais au contraire à se libérer des pesanteurs de ce monde en servant la plus grande gloire de Dieu : mettre les moyens dont nous disposons sur cette terre au service de la louange du Seigneur ; nous arracher par la beauté d’un son vibrant et spirituel à notre apathie, pour remettre notre cœur dans le domaine du spirituel.

L’orgue est le seul instrument à pouvoir remplir un édifice tel que notre chapelle en soutenant tous les aspects de celle-ci : louange, offices, messes, prières recueillies, méditation.

Il ne sera plus comme aujourd’hui cet instrument dont le son part d’un endroit précis de la chapelle et semble ne pas pouvoir l’emplir. Ce nouvel orgue aura le son authentique d’un organe rendu vivant par le souffle de sa tuyauterie reproduisant une infinie variété de nuances avec lesquelles l’organiste, son maître et serviteur, entre en harmonie.

Cet orgue nous rappellera aussi que tout parfum répandu par la bonne odeur de nos prières nous conduit invariablement à un autre parfum, celui de nos œuvres de miséricordes corporelles. Parfumer le corps du Christ à la manière de Marie de Béthanie n’est pas seulement encenser notre chapelle d’un son nouveau, c’est encore aimer le corps du Christ  dans tous ceux qui ont besoin de nous.DSC_1283

Il nous conviendra donc, à la manière des bâtisseurs de cathédrale, de savoir associer les pauvres à cette œuvre d’authentique amour que nous entreprenons aujourd’hui. Notre générosité et notre projet n’a de sens que dans cette perspective.

Père Régis Lecourt

Chapelain

orguesbene02

 

Éveille toi, orgue, instrument sacré,
entonne la louange de Dieu
notre créateur et notre Père.
Orgue, instrument sacré,
célèbre Jésus notre Seigneur,
mort et ressuscité pour nous.
Orgue, instrument sacré,
chante l’Esprit Saint qui anime nos vies
du souffle de Dieu.
Orgue, instrument sacré,
élève nos chants et nos supplications
vers Marie la mère de Jésus.
Orgue, instrument sacré,
fais entrer l’assemblée des fidèles
dans l’action de grâce du Christ.
Orgue, instrument sacré, proclame ![1]

[1] Extrait du cérémonial de bénédiction de l’orgue

 

retour